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samedi, décembre 5 2009

Le perroquet

Fable de FlOrian

Un gros perroquet gris, échappé de sa cage,
Vint s'établir dans un bocage :
Et là, prenant le ton de nos faux connaisseurs,
Jugeant tout, blâmant tout, d'un air de suffisance,
Au chant du rossignol il trouvait des longueurs,
Critiquait surtout sa cadence.
Le linot, selon lui, ne savait pas chanter ;
La fauvette aurait fait quelque chose peut-être,
Si de bonne heure il eût été son maître
Et qu'elle eût voulu profiter.
Enfin aucun oiseau n'avait l'art de lui plaire ;
Et dès qu'ils commençaient leurs joyeuses chansons,
Par des coups de sifflet répondant à leurs sons,
Le perroquet les faisait taire.
Lassés de tant d'affronts, tous les oiseaux du bois
Viennent lui dire un jour : mais parlez donc, beau sire,
Vous qui sifflez toujours, faites qu'on vous admire ;
Sans doute vous avez une brillante voix,
Daignez chanter pour nous instruire.
Le perroquet, dans l'embarras,
Se gratte un peu la tête, et finit par leur dire :
Messieurs, je siffle bien, mais je ne chante pas.


samedi, novembre 14 2009

LE HARENG SAUR

Il était un grand mur blanc - nu, nu, nu,

Contre le mur une échelle - haute, haute, haute,

Et, par terre, un hareng saur - sec, sec, sec.



Il vient, tenant dans ses mains - sales, sales, sales,

Un marteau lourd, un grand clou - pointu, pointu, pointu,

Un peloton de ficelle - gros, gros, gros.



Alors il monte à l'échelle - haute, haute, haute,

Et plante le clou pointu - toc, toc, toc,

Tout en haut du grand mur blanc - nu, nu, nu.



Il laisse aller le marteau - qui tombe, qui tombe, qui tombe,

Attache au clou la ficelle - longue, longue, longue,

Et, au bout le hareng saur - sec, sec, sec.



Il redescend l'échelle - haute, haute, haute,

L'emporte avec le marteau - lourd, lourd, lourd,

Et puis, il s'en va ailleurs - loin, loin, loin.



Et, depuis, le hareng saur - sec, sec, sec,

Au bout de cette ficelle - longue, longue, longue,

Très lentement se balance - toujours, toujours, toujours.



J'ai composé cette histoire - simple, simple, simple,

Pour mettre en fureur les gens - graves, graves, graves,

Et amuser les enfants - petits, petits, petits.


Charles Cros

mardi, novembre 3 2009

Les Animaux et leurs hommes, les hommes et leurs animaux

Les Animaux et leurs hommes,
les hommes et leurs animaux
Paul Éluard
1920

Clique le Renard pour lire les poèmes sur Wikisource!


pour consulter le livre original:

http://sdrc.lib.uiowa.edu/dada/Les_animaux_et_leurs_hommes/index.htm


jeudi, octobre 15 2009

Le message

La porte que quelqu'un a ouverte

La porte que quelqu'un a refermée

La chaise où quelqu'un s'est assis

Le chat que quelqu'un a caressé

Le fruit que quelqu'un a mordu

La lettre que quelqu'un a lue

La chaise que quelqu'un a renversée

La porte que quelqu'un a ouverte

La route où quelqu'un court encore

Le bois que quelqu'un traverse

La rivière où quelqu'un se jette

L'hôpital où quelqu'un est mort.

Jacques Prévert 

dimanche, septembre 20 2009

Le chat et l’oiseau

Un village écoute désolé

Le chant d'un oiseau blessé

C'est le seul oiseau du village

Et c'est le seul chat du village

Qui l'a à moitié dévoré

Et l'oiseau cesse de chanter

Le chat cesse de ronronner

Et de se lécher le museau

Et le village fait à l'oiseau

De merveilleuses funérailles

Et le chat qui est invité

Marche derrière le petit cercueil de paille

Où l'oiseau mort est allongé

Porté par une petite fille

Qui n'arrête pas de pleurer

Si j'avais su que cela te fasse tant de peine

Lui dit le chat

Je l'aurais mangé tout entier

Et puis je t'aurais raconté

Que je l'avais vu s'envoler

S'envoler juqu'au bout du monde

Là-bas où c'est tellement loin

Que jamais on en revient

Tu aurais eu moins de chagrin

Simplement de la tristesse et des regrets


Il ne faut jamais faire les choses à moitié." 

Jacques Prévert


jeudi, juillet 30 2009

La nuIt

 

Elle replie soigneusement la couverture 

qu'elle étendait aux quatre pôles de l’horizon 

elle la roule avec lenteur et précision 

pour qu'apparaissent le drap et les bleuissures 

des grains qui vont mouiller routes et buissons

cette vieille femme qui porte un ballot de loques

c'est elle

elle attend l'autocar des nyctalopes 

elle reviendra elle reviendra c'est sûr 

étendre sur le sol sa ferme couverture

Raymond Queneau

lundi, mars 16 2009

le rossignol et le paOn

L'aimable et tendre Philomèle,

Voyant commencer les beaux jours,

Racontait à l'écho fidèle

Et ses malheurs et ses amours.

Le plus beau paon du voisinage,

Maître et sultan de ce canton,

Élevant la tête et le ton,

Vint interrompre son ramage :

C'est bien à toi, chantre ennuyeux,

Avec un si triste plumage,

Et ce long bec, et ces gros yeux,

De vouloir charmer ce bocage !

A la beauté seule il va bien

D'oser célébrer la tendresse :

De quel droit chantes-tu sans cesse ?

Moi, qui suis beau, je ne dis rien.

Pardon, répondit Philomèle :

Il est vrai, je ne suis pas belle ;

Et si je chante dans ce bois,

Je n'ai de titre que ma voix.

Mais vous, dont la noble arrogance

M'ordonne de parler plus bas,

Vous vous taisez par impuissance,

Et n'avez que vos seuls appas.

Ils doivent éblouir sans doute ;

Est-ce assez pour se faire aimer ?

Allez, puisqu'amour n'y voit goutte,

C'est l'oreille qu'il faut charmer.

Fable de Florian

samedi, mars 14 2009

L' araignée du gOûter

Araignée du matin : chagrin

pensait un bébé coccinelle

cherchant à libérer ses ailes

Araignée du midi : souci

grognait un rat dans son chagrin

de voir un chat près de sa belle

Araignée du soir : espoir

disait au briquet l'étincelle

mourant dans le vent du jardin.

Mais l'araignée dans sa nacelle

Prisonnière à vie de sa faim

rêvait qu'elle était hirondelle.

Pierre Béarn

 lire les Fables de Pierre Béarn

dimanche, mars 1 2009

La fourmI et la cigalE

Poésie animée de Raymond Queneau

vOir la pOésie animée

jeudi, février 26 2009

abécéDaire

Lien: Typographie et Civilisation

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